Oui, ce torero mérite de sortir de la masse moyenne où s'aglutine plusieurs de ses confrères dans le ventre mou de l' escalafon ( celui qui tient compte des catégories d'arène bien sûr).

Depuis 13 ans qu' il a été sacré matador, cette année, beaucoup le découvre : Oreille aux Fallas de Valencia, ovation à Séville, oreille (et Dieu sait si elles furent rares !) et prix de la meilleure estocade à la San Isidro, 2 oreilles chez nous à la Brède en juin et encore 2 hier à Eauze (peut-être même 1 de plus n'aurait pas fait scandale).

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Et à son sujet, le commentaire de Pierre Vidal sur son site : www.corridasi.com

“EAUZE, L'ART DE CURRO

“Le toreo est éternel, à condition d'être bien interpréter. C'est la démonstration faite par Curro Diaz qui aura marqué cette journée éluzate à son second passage. Elle aurait plu à Pierre Miquel, le fondateur de ces arènes Nimeño II, qui aimait tant Séville et cette musique ensorcelante qui anime les grands toreros andalous.
Hier, on peut le dire, Curro Diaz s'est hissé au niveau des meilleurs de cette catégorie: ces toreros profonds qui ne cherchent pas à racoler mais pour lesquels tout est art. Certes il y avait la matière: l'ensemble de Bañuelos avait les qualités qui permettent cette tauromachie précieuse et fragile. D'un côté de la douceur dans la charge, par le bas, mais aussi cette capacité à répéter, cette noblesse lucide qui n'est pas stupide et par conséquent cette vibration qui porte sur les tendidos.
Mais d'une bonne pâte tout le monde ne fait pas une super-pizza. On tombe le plus souvent sur des produits industriels qui ont tous le même goût. A Eauze, Curro Diaz sut éviter le piège du fastfood pour nous faire goûter sa gastronomie de luxe. Sauf que ce ne furent pas nos papilles qu'il enchanta mais nos pupilles. Il y eut des séries d'une lenteur inouïe, donnant la sensation d'un toro hypnotisé par son torero; des détails merveilleux comme cette passe du mépris finale, ces changements de mains inattendus et ces trincherazos autoritaires sans être violents.
La tauromachie est un art, nous le savons, mais ses bons interprètes ne sont pas légions et quand il en apparaît un, il convient de le saluer.
Pierre Vidal”

Et pour les estocades, à vous de voir sur ce ralenti des 2 concluantes qu’ il a porté hier à Eauze