La reseña de Paul Hermé sur totrofiesta.com

Deux tiers d’arènes, beau temps. Huit toros de Jandilla plus un sobrero du même fer 5bis), dont trois du second fer de Vegahermosa, un ensemble bien présenté, au comportement inégal, avec plusieurs toros intéressants.

David de Miranda (deux oreilles et silence) est venu confirmer son alternative et c’est donc avec lui qu’une longue séance de plus de trois heures et demie a débuté ! Après deux piques sans style puis la cérémonie d’échanges de trastos, il brinda à l’assistance une faena bien débutée par statuaires serrées puis derechazos relâchés, donnant la distance et affirmant son autorité sur plusieurs tandas ajustées. David connecta avec les tendidos lors de séries suaves, toujours en essayant de bien faire les choses, puis souffrit une violente voltereta, s’en tirant miraculeusement en étant apte à reprendre le combat. Entière et deux oreilles qui ne pouvaient pas mieux lancer ce marathon… Avec plus tard son Vegahermosa, auteur de deux assauts sans grand éclat, début de faena par deux cambios, puis quelques séries prometteuses des deux côtés, avant que le bicho ne baisse rapidement de ton, le tout s’avérant par la suite quelque peu longuet. Entière.

Antonio Ferrera (deux oreilles et silence) afficha d’emblée de bonnes intentions capote en mains avant deux piques cuidées suivies d’un bon quite de Román puis un retour protocolaire avec De Miranda avant un brindis à l’auditoire. Faena harmonieusement menée, l’Extremeño arrêtant la musique et poursuivant par échanges suaves donnés à un bicho qui ne s’avéra pas le plus gaillard de l’envoi. Entière et deux esgourdes tombant dans l’escarcelle d’un Ferrera visiblement comblé. Le quinto, à la motricité rapidement défaillante, a été protesté, le mouchoir vert lui faisant réintégrer les chiqueros. Sortit alors un suppléant qui poussa en deux assauts, avant une bonne paire casquée par Fernando Sánchez puis brindis à Paco Ureña suivi d’échanges quelque peu soporifiques, le toro manquant de vibrations dans ses charges, suivis toutefois de quelques instantanés qui firent davantage vibrer les étagères, le tout allant a más, avant hélas débâcle avec le verdugo qui faillit se conclure par la sonnerie d’un troisième avis, évité finalement de peu.

Román (saluts et oreille) prit d’abord un adversaire qui sortit au pas, visiblement peu intéressé par les sollicitations, puis qui fila sur le réserve pour une première ration, suivie d’une autre sur le titulaire en s’employant. Deux coups de barrière sur le même banderillero puis brindis au conclave avec bonne entame en se ployant. Donnant la distance, Román s’engagea ensuite dans un trasteo relevé par quelques muletazos remarquables d’exécution et de temple, le bicho répétant à souhait. Face à cet animal incombustible, il passa le répertoire avant de pincher son premier recibir, puis de se faire durement secouer sur le second envoi. Bon capoteo de réception au sixième et après deux piques de brave, Román débuta bien par le haut, s’appliquant ensuite dans les échanges lors d’une faena bien conçue  qui manqua toutefois d’un poil supplémentaire d’alegría. Ce fut mieux dans ce domaine avec un final encimista qui fit grimper le thermomètre jusqu’à un desplante en jetant les trastos, suivi de luquecinas avant entière qui tarda à faire effet, ce qui finit par diviser l’opinion.

 

Toñete (silence aux deux) ne dansa pas avec les plus belles ! Son premier s’invalida quelque peu et fut maintenu sous les protestations. Tercio de pliques sans grande histoire puis brindis au public d’un trasteo certes décidé, mais trop conduit à la voix et l’énergie. Faena volontaire rematée par entière. Avec celui qui ferma la (trop) longue marche, brindis à Antonio Ferrera d’une faena qui eut quelque mal à retenir l’intérêt de gradins de plus en plus clairsemés à l’heure du dîner… ou de l’apéro ! La décision et l’envie de Toñete ne sont pas en cause, mais visiblement la messe était dite et il eut le mérite de la conclure dans une position qui n’était pas la plus confortable.